Tribunes

Berlusconi : abus de pouvoir avec contrainte...

tribunale-milano pfAccusé d'abus de pouvoir et de prostitution de mineure, Silvio Berlusconi vient d'être condamné à 7 ans de réclusion pour « abus de pouvoir avec contrainte » par un tribunal milanais. Il a continué hier de clamer son innocence, ce qu'il fait depuis le début de l'affaire. 7 ans, ça compte. Au moins symboliquement. Mais les fera-t-il ? Rien n'est moins sur. Il dispose encore d'un certain nombre de recours. Petit rappel des faits.

 

Soupçonné d'abus de fonction et de prostitution de mineures, Berlusconi avait été, en partie, privé de son immunité judiciaire ce qui avait incité le parquet de Milan à entamer une procédure dès janvier 2011. Il aurait également tenté d'utiliser son autorité pour que les événements qui se sont déroulés dans sa villa d'Arcore ne soient pas révélés. Ruby, mineure au moment des faits, aurait reçu 5 000 euros en échange de sa prestation mais jusqu'à présent, aucun des deux protagonistes n'a reconnu la relation sexuelle. Le recours à la prostitution de mineurs est passible de 6 mois à 3 ans de prison en Italie alors que la concussion peut valoir entre 4 et 12 années de prison à son auteur.

 

Une demande de perquisition avait également été transmise à la Chambre des députés pour visiter les bureaux d'un comptable de Berlusconi où auraient eu lieu les versements d'enveloppes de 5 000 euros à différentes jeunes femmes invitées à la Villa de l'ex-Président du Conseil, en échange de leurs prestations. Les nombreuses écoutes téléphoniques et témoignages font état d'une trentaine de jeunes femmes reçues lors de ces soirées Bunga-Bunga avec déguisements, strip-tease, « mains aux fesses » et relations sexuelles à volonté. Si certaines ont reçu des cadeaux, d'autres auraient bénéficié de logements mis à leur disposition.

 

Silvio Berlusconi n'est inquiété que pour sa relation présumée avec une mineure, puisque la prostitution est autorisée en Italie. Mais cette affaire en a entraîné d'autres... Au cours de l'audience de juin 2011, le Procureur de Milan avait déclaré que pour « le bon plaisir de Monsieur Berlusconi, ils avaient mis au point un système structuré afin de lui fournir des jeunes filles disposées à se prostituer ». Qui sont ces « ils » ? Lele Mora, impresario, était chargé du recrutement des jeunes femmes. Il a été incarcéré en juin 2011 pour une autre affaire. Emilio Fede, directeur d'une chaine de télévision berlusconienne devait évaluer la capacité discrétionnaire des jeunes femmes recrutées et les « essayer ». Nicole Minetti, Conseillère Régionale de Lombardie, gérait, d'après le Procureur, la logistique. Exaspéré, le Vatican qui, pendant longtemps, avait affiché une certaine neutralité, a fini par condamner ces comportements par la voix de sa plus haute autorité.

 

Dès le départ, S. Berlusconi s'est présenté comme la « victime d'une persécution politique » réfutant l'ensemble des accusations. Les sommes versées ne consistaient qu'à « aider financièrement des personnes en difficulté ». Les soirées d'Arcore n'étaient que des soirées « élégantes » ou l'on « dîne » et « danse ». Il s'est également justifié des pressions exercées pour la libération de Ruby par le fait qu'il pensait qu'elle « était la nièce du Président Moubarak ». Si le recours à la prostitution n'est pas répréhensible, son organisation est interdite. Ainsi huit personnes auraient été impliquées dans ces affaires, inculpées pour association de malfaiteurs et incitation à la prostitution. Elles auraient fourni à S. Berlusconi des escortes contre postes et contrats. Des affairistes auraient même tenté de lui extorquer de l'argent. L'un d'entre eux, Giampaolo Tarantini, proxénète présumé est aujourd'hui incarcéré. Il aurait organisé 21 soirées entre 2008 et 2009 au bénéfice de l'ancien Président du Conseil qui avait, jusqu'alors, échappé à toute condamnation.

 

Lorsque tous les éléments de l'enquête sont mis bout à bout, on a peine à imaginer que l'ancien Président du Conseil puisse encore passer à travers les mailles du filet après toutes ces années. Même si le tribunal de Milan a fait un geste fort hier soir, rien n'est encore définitif. On le sait bien depuis le temps que dure cette affaire...

@Fond_Scelles

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