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« DOMMAGE QU’ELLE NE SOIT PAS MORTE » : Quand des militant.e.s pro « sex-work » souhaitent la mort d’une survivante de la prostitution…

le 30 novembre dernier, Rosen Hicher, a été victime d'une attaque verbale de la part de militants pro « travail du sexe », sur le plateau de l'émission de C8 "Balance ton post" consacrée à la pénalisation du client. Alors qu'elle était en train de témoigner sur son vécu en tant que survivante de la prostitution, et de la violence à laquelle elle avait du faire face, un des invités, ainsi qu'une militante du Strass ont déploré qu'elle ait survécu. Une violence intolérable envers une survivante qui n’a pas soulevé beaucoup d’indignation.

Sur le plateau se mêlaient, en plus des intervenant.e.s classiques de l’émission, un panel de militant.e.s pro « travail du sexe » d’un côté, et abolitionnistes de l’autre.

Côté réglementariste :
Samantha Dubois, personne prostituée et militante du STRASS,
Thierry Schaffauser, personne prostituée et porte-parole du STRASS,
Roland Jaccard, écrivain, journaliste (Causeur, Le Monde) et psychanalyste suisse, signataire de « l’appel des 343 salauds ».

Côté abolitionniste :
Solveig Halloin, militante abolitionniste,
Johanna Vrillaud, étudiante et militante abolitionniste,
Rosen Hicher, militante abolitionniste et survivante de la prostitution.

>>> lien vers la vidéo de l’émission
https://video-streaming.orange.fr/tv/pour-ou-contre-la-depenalisation-des-clients-de-prostitution-nombreux-clashs-dans-balance-ton-post-VID0000002IJ0L.html

 

« J’sais pas si elle est survivante, elle bouge pas beaucoup ».

L’émission commence par un sujet vidéo de quelques minutes, relayant les poncifs habituels (« le plus vieux métier du monde… »), censé donner des éléments de compréhension sur la thématique du jour. S’ensuivent différentes prises de parole des intervenant.e.s, jusqu’à un premier dérapage : au sujet de Rosen Hicher, dont il est rappelé le vécu de survivante, Roland Jaccard dit : « J’sais pas si elle est survivante, elle bouge pas beaucoup ». (9min10). Aucune réaction en plateau, hormis quelques rires.

 

« Quel dommage qu’elle soit pas morte »

S’ensuivent des échanges d’arguments sur lesquels nous ne reviendrons pas, dans une atmosphère pour le moins tendue. Jusqu’à la 19ème minute. A ce moment, Rosen Hicher s’exprime en tant que survivante sur la violence que représente la prostitution. Elle livre son témoignage (19min30 à 19min50) :

« La prostitution, ça a toujours été extrêmement violent, en 88 j’ai déjà failli mourir »

Puis une voix masculine se fait entendre, sur un ton rigolard. Celle de Roland Jaccard.

« Quel dommage ». Rires de ses voisin.e.s.

« Quel dommage qu’elle soit pas morte » insiste Samantha Dubois, toujours dans la connivence avec ses voisin.e.s.

On entend bien quelques « non, non » en plateau. Mais rien de plus.

 

 

Nous y sommes donc : des militant.e.s pro « travail du sexe », autoproclamé.e.s porte-paroles et défenseurs.ses des personnes prostituées, déplorent que l’une d’elles ait survécu à la prostitution.

 

Cette attaque, d’une rare violence, n’a pourtant rien provoqué d’autre que l’indifférence du plateau. Jointe par téléphone, Rosen Hicher a confirmé avoir entendu les propos et avoir été sidérée par la violence verbale de ses contradicteurs. Avoir été choquée par les rires et les moqueries de personnes qui seraient pourtant censées bien connaître son expérience. « Jamais je ne souhaiterais la mort d’une personne, pas même à ma pire ennemie, et d’autant plus d’une personne prostituée, même si nous ne sommes pas d’accord » a-t-elle réagi, encore sous le choc.

 

Une violence inacceptable

Une image tristement symbolique et représentative de la violence habituelle que subissent les personnes prostituées, infligée de façon totalement décomplexée par certains hommes – en l’occurrence Roland Jaccard – avec cette fois la complicité et le soutien des militant.e.s du STRASS présent.e.s sur le plateau.

Roland Jaccard, lui, n’en est pas à son premier « coup d’éclat ». Le cofondateur de Causeur s’était - entre autres - tristement illustré en prenant la défense de David Hamilton, photographe accusé de viol et de pédophilie par Flavie Flament et trois autres femmes qui ont souhaité rester anonymes.

 

Une indignation à géométrie variable…

Pour ces militant.e.s du STRASS, cet homme (qui soutient les « clients » ou qui en fait partie) a donc le droit de souhaiter la mort d’une femme qui est en train de décrire les violences qu’elle a subies. C’est normal. On en rigole. Tout comme chaque homme a le droit de disposer du corps d’une femme. C’est normal. Ils ont des besoins vous comprenez… et lorsqu’il y aura un drame, on dira que ce sont les abolitionnistes qui sont responsables. Malin.

 

On ne peut que déplorer les indignations sélectives de ces militant.e.s, pour qui la valeur de la vie d’une personne prostituée varie apparemment selon qu’elle adhère ou non à leur organisation. Qui préfèrent rire aux côtés d’un Roland Jaccard et souhaiter la mort d’une survivante de la prostitution plutôt que de respecter sa parole, son vécu, son courage.

 

Des militant.e.s qui, une fois de plus, préfèrent se ranger dans le camp des prostitueurs plutôt que dans celui des victimes.

 

Pour notre part, nous continuerons à lutter pour la protection de toutes les victimes de la prostitution, qu’elles se déclarent « travailleuses du sexe » ou non. Nous continuerons le combat pour toutes les Ginka, les Vanessa, les Rosen, victimes de la violence d’hommes ayant préféré les considérer comme des marchandises plutôt que comme des êtres humains.

 

>>> lien vers la vidéo de l’émission
https://video-streaming.orange.fr/tv/pour-ou-contre-la-depenalisation-des-clients-de-prostitution-nombreux-clashs-dans-balance-ton-post-VID0000002IJ0L.html

 

 

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